webleads-tracker

La transition énergétique des ascenseurs

Les ascenseurs s’adaptent au vieillissement de la population et aux enjeux énergétiques

L’ascenseur a connu ces dernières années de nombreuses mises en conformité suite à la loi SAE de 2003 pour la gestion et la sécurité des ascenseurs. La dernière mise en conformité obligatoire ayant été annulée, le secteur de l’ascenseur se tourne vers de nouveaux horizons et cherche à répondre aux enjeux démographiques et énergétiques.

L’ascenseur en chiffres

La Fédération des ascenseurs a présenté mercredi 1er avril ses chiffres annuels de 2014 :

  • Chiffre d’affaires de 2,46 milliards d’euros en 2014 soit -8% par rapport à 2013
  • Repli de 35% des activités de modernisation par rapport à 2013
  • 30% des ascenseurs ne sont pas complètement aux normes notamment en ce qui concerne les systèmes d’alarme et la précision d’arrêt
  • En France, on compte 530 000 ascenseurs pour 66 millions d’habitants
  • Entre 11 000 et 12 500 nouveaux appareils installés en France

Des ascenseurs moins nombreux pour une population qui vieillit

En France, le taux d’équipement en ascenseur est le plus bas d’Europe alors que le taux de population vivant en ville est le plus élevé. On compte 0,76 ascenseurs pour 100 habitants contre 1,57 en Italie et 2,15 en Espagne.

Alors que la population vieillit et comptera 30% de personnes de plus de 60 ans en 2030, le taux d’équipement en ascenseur devrait augmenter notamment pour des installations à domicile pour permettre aux seniors de continuer à vivre chez eux. Or, le taux d’équipement diminue. Pour Pierre Hardouin, président de la Fédération des ascenseurs, ceci est un véritable paradoxe. Il ajoute même que malgré l’effort de construction entrepris par la politique du logement française, on installe toujours moins d’ascenseurs. On compte aujourd’hui un immeuble neuf sur 3 muni d’un ascenseur contre 1 sur 2 en 2001. En effet, les ascenseurs ne sont obligatoires qu’à partir de 4 étages alors que les nouveaux immeubles comptent moins d’étages qu’il y a quelques années.

Pour Jean-Luc Tavernier, délégué général en exercice de la Fédération des ascenseurs, c’est aux constructeurs d’anticiper la future installation d’un équipement dans une habitation :

On peut envisager au départ un espace suffisant matérialisé par un cadre et une pré-dalle que l’on peut casser facilement pour installer plus tard simplement un élévateur. Cela se fait au Japon. Ça ne coûte rien. Et d’ailleurs l’élévateur ne coûtera pas plus cher que de réaménager entièrement le rez-de-chaussée de la maison.

L’innovation technologique au service de l’énergie

L’innovation technologique permet au secteur de l’ascenseur de développer de nouvelles solutions en terme d’espace, de vélocité et de consommation d’énergie. La profession se lance alors un nouvel enjeu qui est celui de la diminution des consommations énergétiques des ascenseurs. Cet objectif lui fera prendre part à la transition énergétique qui se prépare en France, impulsée par le projet de loi de Ségolène Royal.

D’après Pierre Hardouin, « la modernisation d’un ascenseur permet de réduire sa consommation de moitié, de 3400 kWh à 1190 kWh ». Il indique que « les appareils les plus récents consomment eux 650 kWh, soit 5 fois moins qu’un appareil des années 60 ! ». Par les avancées technologiques, les ascenseurs pourraient bien devenir autonomes en utilisant l’énergie qu’ils produisent. Sachant qu’un ascenseur représente 5 à 8% de la consommation énergétique d’un bâtiment et que les 530 000 appareils du parc consomment l’équivalent d’une ville comme Nantes, l’impact en économie d’énergie ne serait pas négligeable.

Publié le 9 avril 2015